On dit que quand on aime on ne compte pas…
Amy Softpaws
Et cette expression s’applique bien à certains de mes patrons.
La robe Pétula de Fibremood est devenue un de mes patrons fétiches.
Entre ma toile (portable et portée) et ma version définitive, j’ai donc deux robes Pétula (mon article).
Mais les deux en coton (popeline) et une encolure bateau.
Or, avec les températures caniculaires (souvent 38-40°C) et la moiteur de la région, ce sont des robes que je n’apprécie pas car je les trouve trop chaudes. Oui, oui… je trouve que le coton est chaud…
Mes envies
Du coup, je souhaitais la même robe mais :
- en viscose :
- j’aime la viscose, son toucher, sa légèreté
- c’est une matière qui n’est pas synthétique quoi qu’en dise ses détracteurs
- et j’en ai plein : des unies, des imprimées, des légères, des plus lourdes…
- avec une encolure plus dégagée et dans l’absolu, une encolure carrée :
- je trouve les encolures carrées très élégantes
- je n’ai pas de patron avec une encolure carrée
- et j’ai un peu ras-le-bol des encolures en V même si elles me flattent
- et si possible avec des poches :
- pour mettre mes clés quand je promène ma chienne
- pour avoir mon téléphone mais les mains libres quand je ne prends pas de sac
- et parce que, des poches, c’est pratique
Du coup, rendez-vous est pris avec mon mercier préféré pour patronner une nouvelle encolure. Et vérifier si mon idée de mettre des poches sur les coutures milieu devant/côtés était viable.
La réalisation
Les choix validés
J’avais amené mon tissu pour lui montrer et valider mon choix (un patron a besoin de SON tissu ou du moins tout tissu ne va pas avec tout patron).

Je lui explique que je veux une encolure carrée.
Ainsi que des poches. Posées dans les coutures milieu devant/côtés. Discrètes et bien faites. Suffisamment grandes pour loger le téléphone.
Thierry valide mes choix.
Je pense repartir à la maison me lancer.
La coupe
Comme j’ai mon coupon et le patron initial, mon mercier, peu dérangé par la mercerie (les chalands sont peu nombreux vu la chaleur) et qui n’a donc guère que ses retouches à faire, me propose de couper mon patron à l’atelier et de coudre la robe sur place.
« Euh, j’ai pas mes ciseaux… J’ai pas ma trousse… Ah ben j’ai rien amené, j’ai pas mon matériel…Il fait chaud.
Je le ferai à la maison, j’ai tout ce qu’il me faut et j’aime pas coudre sur la machine des autres… C’est pas pressé… »
On sent bien la motivation qui me remplit.
Du coup, mon mercier me coupe directement mon tissu et m’impose de coudre sur place (bon, ok, je ne me fais pas prier 😎 : la coupe en moins et la compagnie en plus, avec la clim)
Comment ça, ce n’est pas toi qui coupe tes patrons ? Tu le fais faire par ton mercier ? Mais ce n’est pas normal !
Les copines, les rageux et toute autre personne surprise
Ben oui, ça arrive.
Surtout que personnellement, je ne sais pas me servir des ciseaux et que je fais tout au cutter rotatif.
Donc, tapis à découper obligatoire.
Mais mon mercier, lui, est un ancien couturier, un ancien tailleur… et il travaille à l’ancienne (purée, je n’arrive même pas à tenir ses ciseaux de coupe plus de 3 minutes tant ils sont grands et lourds ; en plus, ils ne coupent pas quand je m’en sers 😒).
Et je n’étais pas venu dans l’optique de couper mon patron : je ne voulais qu’une adaptation du patron pour une encolure carrée.
Et là, ça a son importance : du coup, je n’avais pas le patron pour l’encolure carrée, alors que j’étais venue pour ça.
La couture
Le montage des poches se passe sans difficulté avec la méthode de Thierry (mon mercier), la pose du biais sur les côtés est un peu plus délicate (je ne couds pas sur ma machine).
Quant à la parementure, je n’ai strictement rien compris et je me suis contentée de suivre ses instructions avec application… Car, il faut le reconnaître, je ne suis pas une élève appliquée : j’oublie parfois que je couds et pense à autre chose et n’hésite pas à dévier la trajectoire de mon point. D’où ma compétence particulière dans le maniement du découd-vite (bon, au moins, c’est signe que la couture me relaxe 😂).
Tout a été parfaitement bien cousu : piqûre nervure régulière, nouvelle piqûre dans une couture précédente… Tout tip top !
Mais… je n’ai rien compris à ce que j’ai fait ! Donc impossible de refaire la robe avec une encolure carrée (c’est ce que je dis, quand j’aime, je n’hésite pas à refaire d’autres modèles identiques…).
Et parce que mon coupon était un peu juste pour toutes les pièces, ma robe était un peu courte. Et j’ai eu l’idée de faire un ourlet rapporté, rallongeant la robe de 3 cm à l’aide des chutes pour qu’elle ait la longueur idéale pour l’été.
Mais comme je l’ai dit, un regret : impossible de la refaire faute de patron pour l’encolure et de compréhension pour la couture de la parementure.
Le résultat
Cette robe, je l’adore !
Je la trouve jolie, élégante, voire flatteuse.
Ses finitions sont parfaites : aucune couture visible à l’exception des coutures côtés (pas assez de tissu pour des coutures anglaises).
Et aucune chute : tout a été consommé, même les chutes pour réaliser l’ourlet rapporté.
Que du bonheur.
Ma tentative « robe de soirée »
Bon, ayant une soirée en perspective et ne sachant si c’était cool ou huppée, je décide de me refaire la même robe en crêpe de viscose noir.
N’ayant donc pas ce sacré patron de l’encolure carrée, je retourne à la mercerie (toujours sans mes ciseaux) pour montrer mon tissu et avoir le patron de l’encolure.
« Je n’ai pas le temps là, c’est pour quand ? J’ai un costume à terminer pour samedi. Vous n’avez qu’à couper votre patron ici, je vous guide pendant que je reprends ce costume » dixit mon cher mercier (bon, à force il me connaît 😉).
Alleï, c’est parti : préparation du tissu, pose du mileu devant, traçage des cotes données par Thierry, vérification par ses soins, modification de l’encolure dos… et avant de coudre, je trace le patron sur papier à l’aide de mes morceaux de tissu. Mesure du biais à coudre et achat de celui-ci (pfff, en plus j’en avais à la maison !) ; bref, tout est prêt pour la couture.
Je rentre à la maison pour commencer à faire tout le montage à ma portée et rendez-vous est pris pour le lendemain pour la couture de la parmenture, étant donné que je n’avais rien compris.
D’autant que ce jour-là, une ancienne « petite » stagiaire fort sympathique de mon mercier était là et que je souhaitais savoir comment c’était passé sa fin de scolarité et si sa formation en maroquinerie était acceptée.
A la maison, tout se passe bien mais il fait encore très très chaud, je n’ai pas ma voiture et j’ai donc la flemme de descendre en ville pour avancer dans ma couture, même si cela me prive du plaisir de revoir Roxanne.
J’avertis mon mercier ce que je ne viendrai pas dès le matin mais que je viendrai pour le café et saluer Roxanne.
Et il me dit : « vous avez pensez à rallonger la robe en la coupant ? »
Ben non, j’ai suivi et le patron et ses instructions de pose et de coupe !
Mais ce n’est pas le plus important car je sais faire mon ourlet rapporté et j’ai suffisamment de tissu pour le faire d’un seul bloc sans raccord particulier.
En plus, cet ourlet rapporté apporte du cachet à la robe, à mon goût.
Je réfléchis donc au problème de la pose de la parmenture, fais des montages « à blanc » avec des épingles, des pinces pour voir si ce que j’ai en tête convient pour le montage, tout en me rappelant une phrase « ici, il faut faire attention à ne commencer la couture qu’à 1 cm du bord ».
Mais je ne sais absolument point à quel moment c’était.
Au final, après moult réflexions, tentatives et tests, j’arrive à coudre mes « bretelles, parementure, biais et emmanchures » correctement sans aucune couture visible à ces niveaux.
Je ne suis pas peu fière de moi.
Comme quoi, je suis manifestement d’un naturel paresseux car je ne fais que suivre les instructions si quelqu’un est là pour m’aider alors que je suis tout à fait capable de faire seule 😎
J’arrive à la mercerie avec la robe finie (mais non essayée encore) vers 16H00 (si si, le café, ce n’est pas qu’après le repas), montre ma couture à Thierry qui valide et je l’essaie.
Mais je n’aime déjà pas cette robe : le tissu est lourd, chaud, épais et… elle est noire.
En plus, il fait trrèèès chaud, le temps est lourd et moite et s’habiller et se déshabiller me peine (franchement, je supporte de moins en moins la chaleur au point d’en être patraque). Mais j’essaie.
Et là, l’horreur !
Le décolleté est trop échancré, trop plongeant, je ne vois que la grosseur et le gras de mes bras, dessous de bras, cou… J’en pleurerais 😭
En fait, j’ai coupé sans rajouter les marges de couture, j’ai suivi les lignes tracées à la craie et validées, sans rien rajouter d’autres…
Tout le monde (des amis de Thierry étaient là) me dit que ça va, ça ne choque pas.
On trouve une solution : rajouter de la mousseline vieux rose (que j’ai) ou noire (que je n’ai pas) pour cacher un peu l’encolure et par un savant système de plissage, rajouter des mancherons pour cacher tout ça (qui ne me gêne absolument pas sur ma viscose Arty !).
Mais moi, j’ai pas envie de gâcher ma mousseline que j’ai depuis le début de mon aventure couturesque ; je porterai pas la robe…
Donc, pas de modification et troisième projet de l’été loupé. Mais j’ai réussi à coudre ma parementure !
Au final, Roxanne me dit qu’avec un top dessous, ce sera très bien.
Et là, ça fait tilt : la robe est suffisamment longue pour être portée avec des bottes et j’ai plein de fond de robe en viscose avec diverses encolures, manches courtes, manches longues… pour porter cette robe en hiver.
Au final, je valide aussi cette cousette même si elle ne sera pas pour l’été. De toute façon, du noir en été, ce n’est pas de mon goût et le tissu est trop chaud.
Au moment du repassage, j’ai cousu quelques points sur le haut de la parmenture pour « rétrécir » le tissu afin d’éviter les quelques fronces sur le devant.
Au final, cette robe sera très bien en hiver.
Et je crois que je n’ai pas fini de coudre ce patron (j’ai modifié le patron de l’encolure carrée depuis 😉).
Tu gères de ouf ma tante! C’est hyper classe et chicosse ce que tu fais! Bravo 👏👏👏
Merci beaucoup ma nièce…
Toi, ce sont tes filles que tu as géré de ouf 😜